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Agnès Buzyn, née le 1er  novembre 1962  à  Paris, est une  hématologue, professeur de  médecine. Elle est nommée  ministre des Solidarités et de la Santé  au sein du  gouvernement Édouard Philippe le 17 mai 2017.

 Sa famille paternelle est originaire de Łódź en Pologne où son oncle a été fusillé par les nazis en octobre 1940. Ses grands-parents et son père, alors âgé de quinze ans, ont été déportés à Auschwitz. Seul son père,Élie Buzyn, en revient et s'installe en Israël puis en 1956 en France. Il est chirurgien orthopédiste à la clinique Saint-Marcel. Sa mère,Etty Buzyn, enfant caché dans l'Ain durant la Seconde Guerre mondiale est psychologue mondiale et écrivaine. Agnès Buzyn est mariée en secondes noces à Yves Lévy, directeur général de l'INSERM, et mère de trois enfants.

 Formation et parcours universitaire et professionnel:

Ancienne élève de l'
École alsacienne elle devient médecin et professeur d'université (en médecine).Interne des hôpitaux de Paris(IHP) elle a ensuite réalisé la majeure partie de son parcours de médecin hématologue et d'universitaire à l'université Paris-Descartes(Paris-V) -Hôpital Necker où elle a été responsable de l'unité de soins intensifs d'hématologie adulte et de greffe de moelle (1992-2011). En tant que spécialiste d'hématologie, d'immunologie des tumeurs et de la transplantation ses travaux ont principalement concerné la greffe de moelle osseuse, de la leucémie aiguë lymphoblastique(LAL) et de la leucémie myéloïde chronique(LMC).

Enseignement: 

Elle a enseigné l'hématologie et l'immunologie des tumeurs et de la transplantation dans plusieurs modules universitaires, avant de devenir professeure d'hématologie à l'université Pierre-et-Marie-Curie. De 2002 à 2006 elle dirige une équipe Inserm travaillant sur l'immunologie des tumeurs à l'Institut Cochin-Paris V.

 Elle exerce par ailleurs des fonctions ausein de sociétés savantes et de conseils d'administration:membre duconseil médical et scientifique de l'Agence de la biomédecine(ABM), membre duconseil scientifique de l'Établissement français du sang (EFS), présidente du conseil scientifique de la Société française degreffe de moelle et de thérapie cellulaire (SFGM-TC),Agnès Buzyn est de 2008 à 2013, présidente du conseil d'administration de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire(IRSN). En avril 2009, elle est nommée membre du Comité de l'énergie atomique du Commissariat à l'énergie atomique. Elle est nommée membre du conseil d'administration de l'Institut national du cancer (INCa) en 2009, en tant que personnalité qualifiée, et elle en est devenue vice-présidente en octobre 2010, avant d'en être nommée présidente le 29 mai 2011. Pressentie dès décembre 2015 comme présidente du collège de la Haute Autorité de santé, elle y est officiellement nommée en mars 2016.

Ministre des Solidarités et de la Santé:

 Le 17 mai 2017, elle est nommée ministre des Solidarités et de la Santé au sein du gouvernement Édouard Philippe. Son époux Yves Lévy dirigeant l'INSERM, la ministre se trouve potentiellement en situation de conflit d'intérêts, car si son ministère (de la santé) ne finance par l'Inserm (dont les crédits viennent du ministère de la Recherche), il en est ministère de cotutelle politique, et plusieurs des membres du conseil d'administration de l'INSERM y représentent le ministère de la santé. Ce risque a été «clairement identifié» par le secrétariat général de l'Élysée selon le cabinet de la ministre qui annonce le 18 mai que celle-ci ne traitera pas les sujets en lien avec l'Inserm» grâce à un«système de déport». Selon le journal La Croix qui estime qu'un déport ponctuel, ne serait «guère adapté à la situation d'une ministre ayant une tutelle continue sur son mari» le décret du16 janvier 2014 relatif à la prévention des conflits d'intérêts dans l'exercice des fonctions ministérielles orienterait plutôt vers une cotutelle (voir une tutelle unique)de l'INSERM par le premier ministre Édouard Philippe au côté du ministère de larecherche. Son directeur de cabinet Gilles de Margerie est directeur général adjoint du groupe Humanis.

Prises de position: 

 En 2013 Agnès Buzyn estime que l'obligation de déclarer tout Conflit d'intérêts instaurée en 2011 par la loi Bertrand serait devenue trop «handicapante» pour certains chercheurs qui «ne le supportent plus et refusent de venir aux expertises de l'INCA». Elle pose la question de la qualité des expertises de chercheurs n'ayant plus «aucun lien»avec l'industrie et ne participant pas aux conseils de direction. Adoptée à la suite du scandale du Mediator, cette loi vise à prévenir les conflits d'intérêts et à renforcer l'indépendance de l'expertise sanitaire publique en obligeant les professionnels de santé et décideurs publics à publiquement déclarer de leurs liens d'intérêt avec l'industrie pharmaceutique.
Cependant, pour Irène Frachon (médecin à l'origine de la révélation du scandale du Mediator) « La solution n'est pas (…) de passer outre ces liens d'intérêt. L'affaire du Mediator le démontre de façon tragique: des experts indiscutablement "compétents” sont restés solidaires d'un industriel lourdement criminel.».Consciente du problème, elle propose« de créer des filières d'études de haut niveau d'expertise qui puissent assurer de belles carrières et des rémunérations suffisantes afin de prévenir la captation par l'industrie».

Début 2015, en tant que présidente de l'Institut national du cancer, elle a soutenu le projet de loi concernant le droit à l'oubli pour les anciens malades du cancer. Ce droit est entré en vigueur le 14 février 201, il permet aux personnes ayant été atteintes de cancers et de l'hépatite C de ne plus le mentionner lors d'une demande d'assurance emprunteur.

En juin 2015, Agnès Buzyn, engagée dans la lutte contre le tabac et l'abus d'alcool, a dénoncé l'action des lobbies lors du vote des amendements remettant en cause la Loi Évin. Dans un entretien au journal La Croix, elle s'est dite «profondément atterrée par cette initiative de certains parlementaires qui obéissent à des lobbys très puissants et très bien installés en France, ceux des producteurs devin».

En juillet 2016, elle dénonce les pratiques de certains laboratoires qui aboutissent à une augmentation excessive des prix des nouveaux médicaments anti-cancéreux. Elle se dit favorable à une modularité des prix en fonction de l'indication.

 

COMMENTAIRES MUTARG:

Mme Buzyn est certainement une femme très bien et un médecin de grande valeur.

Cependant, avoir choisi comme directeur de cabinet un dirigeant du groupe Humanis nous fait craindre qu'elle prenne des décisionstrès proches des positions des actuels dirigeants de la FNMF (Cf. réforme en cours du Code de la mutualité initiée par Mme Touraine) allant dans le sens de l'absorption des mutuelles à taille humaine par les grands groupes assuranciels.

De plus, ses prises de position fluctuantes sur les possibles conflits d'intérêt entre experts officiels et grands groupes pharmaceutiques laissent craindre de nouvelles autorisations de mise sur le marché de médicaments à service médical rendu insuffisant, voire dangereux pour la santé des patients – pour le seul profit des dits grands groupes industriels.

Clémenceau avait parait-il coutume de dire que la guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires … on peut se demander si les protections sociales ne sont pas trop importantes pour être confiées à des professionnels de santé, aussi prestigieux soient-ils.